UMP = MAUVAISE GESTION DES FINANCES PUBLIQUES EXEMPLE : SAVERNE

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Article émanant de la section locale du Parti Socialiste paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace, édition du 31 mars 2010 :

Blessig-Carbiener_bis.jpgLundi 29 mars, au conseil municipal de Saverne, Emile Blessig a bien reconnu avoir « sous-estimé les difficultés » ! Mais cet aveu suffira-t-il aux Savernois pour avaler la nouvelle pilule budgétaire qui se prépare ? Arrivé aux affaires suite à l’élection de mars 2008, le nouveau Conseil Municipal avait d’emblée fait voter une augmentation record de 24 % des taxes locales. Cette augmentation devait permettre au député maire Blessig de pouvoir compter sur une accalmie en 2010. Résultat de l’accalmie : un déficit net de 882 000 € sur le budget de fonctionnement ! Comment la majorité UMP de la ville a-t-elle fait pour en arriver là ? La seule explication donnée par le maire Emile Blessig, c’est qu’il a « sous-estimé les difficultés de maîtriser les dépenses de fonctionnement de notre commune. J’en assume la responsabilité. » Soit, mais ce n’est pas ce qui va arranger les comptes de la ville. Autre fait marquant de ce marasme financier, c’est le remerciement du directeur général des services, Olivier Finck, histoire de faire porter le chapeau à son employé ! Bien que le député maire s’en défende en disant : « Ce n’est absolument pas pour faire de M. Finck un bouc émissaire » et en louant « le courage qu’il a montré face à des difficultés financières plus lourdes que prévu », la situation catastrophique de la ville est tout de même affichée sur la place publique. D’où peuvent bien provenir ces 882 000 € de dette ? Pour Emile Blessig, il y a plusieurs explications : La volonté de la municipalité d’«amorcer le désendettement» en vue d’un «retour à l’équilibre financier». Les premiers résultats sont pour le moins en contradiction avec ses espérances ! «La hausse naturelle de la masse salariale» qui aurait augmenté de 6 % en 2009 pour atteindre 6,8 M € «Les pertes de recettes liées à la crise, notamment dans l’immobilier» et surtout «la dégradation de la capacité d’autofinancement due au remboursement de la dette». Revoici donc le seul argument de l’UMP, celui qui consiste à présenter la crise comme responsable de tous les maux. La dette de la ville qui occasionne 1,6 M € de remboursement d’emprunt annuel, soit un peu plus que le chiffre annoncé début 2009 et 645 400 € d’intérêts. Rapportée aux nombres d’habitant, la dette est de 187,61 € par habitants ! A qui la faute ? A la nouvelle majorité qui se voyait sauvée en augmentant les impôts de 24 % et qui n’a pas su anticiper les dépenses ? A l’ancien maire, l’actuel Conseiller Général Thierry Carbiener, qui aurait dépensé sans compter et ainsi précipité la ville de Saverne vers une banqueroute annoncée ? Un peu des deux malheureusement ! Alors comment le député maire de Saverne va-t-il bien pouvoir tenir sa promesse de 2009 et sa volonté d’atteindre le « déficit zéro » dès 2010 (DNA du 11 mars 2009) ? Et surtout comment couvrir ce déficit ? Une hausse des impôts semble être exclue…enfin presque puisqu’il y aura augmentation de 2,4% pour l’année 2010. Le maire le reconnaît : « Nous avons déjà augmenté les impôts de manière importante à notre arrivée en 2008 ». Cette année, 8 M € de taxes et impôts seront récoltés, dont 3,9 M € provenant des contribuables. Et l’année prochaine à cause de la suppression de la taxe professionnelle, votée à l’Assemblée nationale par monsieur le député UMP Emile Blessig, comment la ville de monsieur le maire Emile Blessig pourra-t-elle revenir à l’équilibre financier ? Rappelons que la compensation financière a été actée par l’Etat pour l’année 2010, mais que rien n’est décidé pour l’année 2011. Le maire va donc se livrer à une traditionnelle politique de droite pour tenter de sauver la ville : Il propose « un gel des embauches », « le non renouvellement des contrats non titulaires », « la maîtrise des heures supplémentaires », « la limitation des emplois saisonniers » et les départs à la retraite seront « remplacés au cas par cas ». La Communauté de Communes du pays de Saverne se demandait : « Qu’est-ce que le courage politique ? ». En tout cas ceci ne ressemble pas à du courage politique ! A du défaussement certainement, mais pas à du courage. L’annonce de ces «mesures drastiques» devrait revoir à la baisse le budget de fonctionnement de 5 %… annonce qui avait déjà été faite l’an dernier à pareille date avec le résultat que l’on découvre ! Le mot tabou de l’UMP va donc devoir être lâché…à savoir qu’un plan d’austérité va être mis en place à la mairie de Saverne…mais uniquement sur l’emploi ! ! Les dépenses d’investissement devraient être un terrain de foot synthétique, la restructuration en cours du presbytère catholique, des jardins familiaux et de la voirie (DNA du 16 mars), pour laquelle 500 000 € seront dépensés annuellement jusqu’à la fin du mandat. A ce sujet, le maire rappelle que «tout n’est pas né de cet hiver. Il y a aussi un problème de vétusté.» Attaque ciblée sur le nouveau rallié de l’UMP, Thierry Carbiener, qui a réagi vivement : «Le retard à rattraper vient de 2008 et 2009. Si on veut redonner une allure aux voiries, il faut aller largement au-delà des 500 000 €, comme nous l’avons fait lors de la dernière mandature.» Quant aux impôts, «l’opposition les voit à la baisse, comme nous le demandons depuis la hausse fallacieuse de 24%». Pourtant l’impression dominante est que les routes sont dégradées depuis plus longtemps que cela ! Et voilà l’adjoint Laurent Burckel, très en vue actuellement à l’UMP, qui s’insurge à son tour : « Nous avons demandé un effort important aux Savernois en 2008, pour relever la situation financière. Nous avons commencé à désendetter cette ville. Faire croire aujourd’hui qu’il est possible de baisser les impôts et d’augmenter les investissements est un mensonge ! » Tout comme c’est un mensonge de dire que la ville commence à être désendettée alors qu’elle vient d’enregistrer un déficit de 882 000 € pour la seule année 2009 ! « Il est facile, quand on est dans l’opposition, de dire qu’il faut investir toujours plus et lever toujours moins d’impôts », commente Emile Blessig. Qui ajoute : « Nous pensions sincèrement qu’avec les efforts demandés nous allions dans la bonne direction. Mais une année d’effort ne sera pas suffisante. C’est peut-être là qu’était notre erreur. » Le ciel s’assombrit de plus en plus sur la ville de Saverne. Cela annonce des lendemains qui déchantent et des augmentations d’impôts !

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