Elections cantonales SAVERNE et MARMOUTIER
Qui sera candidat ? Dernières cantonales, ce printemps, avant la probable unification des deux Départements alsaciens et de la Région, en 2014. A Saverne et à Marmoutier, les groupes politiques préparent déjà leurs candidats et peaufinent leurs stratégies. Première approche d'une campagne qui n'a pas encore démarré, du moins officiellement...
On précisera que Saverne et Marmoutier sont les deux seuls cantons concernés par les élections printanières dans le secteur. Laissons maintenant la parole aux principaux protagonistes, d'abord pour le canton de Saverne.
« Apporter quelque chose de nouveau au territoire »
Thierry Carbiener, sans étiquette. Conseiller général sortant (élu en 2008), chef de l'opposition municipale à Saverne, il se présente sans étiquette, assurant ne pas avoir approché l'UMP pour obtenir son soutien : « Je n'ai rien demandé à l'UMP. Je ne suis pas à l'UMP, je suis de centre droit. » Il relève toutefois que le maire de Saverne Emile Blessig « aurait pu, sans proposer le soutien de l'UMP, dire : je ne présenterai pas de candidat contre vous » (il a soutenu Laurent Burckel), assurant ensuite : « Je ne fais aucun mélange des genres entre municipale et cantonale ».
Il en veut pour preuve le fait que « pendant deux ans en tant que conseiller général, j'ai montré que ma valeur, c'est le travail ». Et de citer notamment les dossiers du viaduc de la LGV Est dans la vallée de la Zorn, des personnes âgées, avec notamment son soutien à l'association Part'âges de Dettwiller, et d'un futur Ried de la Zorn aux environs de Dettwiller.
Ancien maire et aujourd'hui élu d'opposition à Saverne, il se veut pourtant le candidat de tout le territoire, indiquant : « Je fréquente toutes les communes depuis deux ans, de la plus petite à la plus grande ».
Murielle Philippe, UMP. Adjointe au maire de Lupstein, elle en est à son deuxième mandat municipal. Elle est également chargée de l'enfance, de la jeunesse et de l'action sociale à la communauté de communes de la région de Saverne. Les militants de l'UMP l'ont choisie vendredi dernier pour représenter le parti.
Alors que la candidature de Laurent Burckel (lire ci-dessous) était connue depuis longtemps, elle a pris sa décision « au courant de l'été », « par rapport à différentes choses qui se sont passées sur le territoire ». Qu'elle n'évoquera pas plus avant, préférant souligner sa volonté d'« apporter quelque chose de nouveau au territoire et de faire participer l'ensemble du canton ».
Par le mot « nouveau », elle entend notamment « une candidate d'une petite commune, pour changer ». Mais aussi le fait que « les femmes ont des choses à apporter en politique, même si elles ne sont pas encore suffisamment représentées ».
Consciente que dans le canton de Saverne, politiquement, « ce n'est pas un contexte facile », elle affirme pourtant : « Je me présente par rapport à mes convictions et ce que j'ai envie de faire pour le territoire, et pas du tout contre mon adversaire », soit le conseiller général actuel.
« Je ne vais pas me démobiliser »
Laurent Burckel, NC (nouveau centre). Adjoint au maire de Saverne chargé des sports et de la jeunesse. Il travaille depuis plusieurs semaines à sa candidature et avait obtenu le soutien du maire UMP de Saverne Emile Blessig. Mais l'UMP a plutôt choisi plutôt l'une de ses membres, Murielle Philippe. « L'UMP a choisi sa candidate. Le NC ne peut qu'en prendre acte. » Déplorant que « l'UMP fait un peu la pluie et le beau temps », il rappelle que le NC « est partenaire de la majorité présidentielle » et appelle à « respecter les différentes sensibilités ».
Il juge par ailleurs « la candidature de Murielle logique et respectable », ajoutant que « le but du jeu n'est pas que Saverne récupère tous les pouvoirs. Je peux comprendre que les maires du canton souhaitent un équilibre. » Insistant toutefois sur le fait que « la première priorité, c'est qu'il y ait un nouveau conseiller général pour apaiser le canton ».
Dans ce contexte, va-t-il maintenir sa candidature ? « Le NC y réfléchit. » En revanche, « si le NC estime que Murielle a plus de chance que moi, allons-y ». Il précise : « J'étais prêt, j'avais un groupe. Je ne vais pas me démobiliser » et appelle l'UMP à ce « qu'on se mette autour d'une table » pour assurer « l'unité sur le territoire », quitte à ce que lors d'un « deuxième tour, il y ait une union autour d'un projet ».
« Rassembler la gauche »
Rémy Vettor, PS. Le secrétaire de la section locale Saverne « songe sérieusement » à présenter sa candidature. Dans un débat qui risque d'être monopolisé par les candidatures de droite, il reste « persuadé qu'il y a une place pour le PS. Vu la campagne des régionales et les retours qu'on a eus, on est très bien accueilli, sur Saverne ou les villages autour. »
Pendant la campagne, il veut « parler des problèmes des citoyens du canton, comme la fiscalité et d'importantes propositions au niveau du social », évoquant aussi « des solutions de gauche pour les personnes âgées et handicapées ».
Sa priorité : « Pour gagner, il va falloir rassembler nos électeurs et qu'ils aillent voter », et aussi « rassembler la gauche. Ça ne sert à rien d'y aller chacun de son côté. » De quelle gauche s'agit-il ? Il cite Europe écologie, le PC, le parti de gauche, le NPA, bref « toute la gauche démocratique ». Son objectif : « Qu'un candidat de gauche soit présent au second tour, pour changer du débat droite-droite. » Pour ce faire, il n'exclut pas, « s'il le faut, de me retirer à condition qu'il y ait l'unité de la gauche ».
Marie-Madeleine Braud, Europe écologie/Les Verts (EEV). La responsable du groupe local d'EEV, indique que le groupe n'a « pas encore défini » de candidature, ce qui devrait être fait ce week-end. Mais elle « envisage » de se « présenter s'il n'y a pas d'autre candidat. Je céderai volontiers ma place à d'autres, sous réserve que ses idées correspondent aux points de vue de l'écologie politique. »
Concernant une alliance avec le PS, elle ne l'exclut pas d'emblée : « Rien n'est décidé ». Ajoutant : « On est plutôt dans l'idée de partir seul », car elle calcule que « l'addition au premier tour des voix des deux groupes sera plus importante » que s'ils se présentent ensemble. Néanmoins, « si on est sûr qu'un accord est possible et intéressant, on le fera peut-être », sous réserve que ce ne soit « pas toujours le PS devant ».
Par ailleurs, sur le canton de Marmoutier, « on cherche » encore. En effet, côté candidatures pour la cantonale de Marmoutier, on ne se bouscule pas au portillon. Du moins, pas officiellement encore.
Joseph Cremmel, UMP. Le conseiller général sortant est le seul candidat déclaré pour le moment. Maire d'Otterswiller, âgé de 59 ans, il est conseiller général depuis 1994. A la question de l'usure du pouvoir, après 16 ans, il répond ne pas la connaître. Son nouveau mandat, s'il est élu, ne durera que trois ans, réforme des collectivités territoriales oblige. « Je suis évidemment pour une collectivité locale unique et j'ai participé aux réflexions sur sa mise en place, je souhaite continuer à œuvrer dans ce sens pour ce dernier mandat de conseiller général (avant la création des conseillers territoriaux, ndlr) », précise-t-il. Le candidat à sa propre succession n'a pas encore choisi son ou sa suppléante.
Jean-Claude Weil, maire de Marmoutier et président de la communauté de communes éponyme, n'a pu être joint cette semaine, malgré de multiples tentatives. Depuis 1992, il est candidat aux cantonales de Marmoutier, en général sous la bannière PS. Pas de quoi inquiéter Joseph Cremmel, qui conclut, « j'ai déjà remporté les élections cantonales à quatre reprises, contre M. Weil . » Mais à l'heure actuelle, sa candidature n'est que pure spéculation.
Propos recueillis par E.V. et S.G