VICTIMES DE LEUR SUCCES

Publié le par Rémy VETTOR

C'est cuit pour le CUI
   Mauvaise nouvelle pour les associations, les collectivités territoriales, les administrations et surtout pour les demandeurs d'emploi, il n'y a plus de sous, du côté de l'Etat, pour financer le contrat unique d'insertion (CUI), jusqu'à la fin de l'année en Alsace. Il n'y en a plus non plus au conseil général qui intervient dans le financement des contrats aidés signés par des bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active). Un CUI, version CAE pour le secteur non marchand, et CIE pour les entreprises, permet d'embaucher des personnes éloignées de l'emploi. La durée de ces contrats, tant qu'ils existaient, était de six mois, renouvelable jusqu'à 2 ans, selon le profil du bénéficiaire. Et la prise en charge du salaire, par l'Etat ou le conseil général, allait jusqu'à 80 voire 90 %. 

Victimes de leur succès

     Les employeurs de contrats aidés connaissaient la chanson, depuis Raymond Barre et ses TUC (travaux d'intérêts collectifs), en 1977. L'Etat fait la pluie et le beau temps quant aux nombre de contrats disponibles. Quand les chiffres du chômage sont trop élevés, la manne des contrats aidés s'ouvre et les employeurs sont priés d'employer. Mais là, en octobre 2010, le nombre de chômeurs n'a pas diminué. Et pourtant, les contrats aidés vont « disparaître » sur le territoire alsacien, au moins jusqu'à la fin de l'année. La raison ? Ils sont victimes de leur succès ! L'Alsace a été une trop bonne élève et l'enveloppe budgétaire est vide. Dommage pour tous les salariés qui espéraient voir leur engagement de six mois renouvelé. Ils seront obligés de s'inscrire à Pôle Emploi. Et si jamais les contrats aidés redémarrent en janvier, ces mêmes demandeurs d'emploi n'en bénéficieront pas car ils n'auront plus les bons critères, c'est-à-dire 12 mois de chômage à leur actif, dans les 12 derniers mois. 
Et que dire des associations, collectivités territoriales et administrations privées de leurs employés, faute de pouvoir les payer « plein pot ». Une centaine de personnes, dont les contrats ne seront pas reconduits, est ainsi concernée en Alsace, sans compter les nouveaux contrats qui auraient pu être signés et ne le seront pas. Triste logique que celle des enveloppes budgétaires annuelles quand elles concernent des salariés en difficultés, embauchés souvent à mi-temps et payés au Smic. On renfloue bien les banques, alors pourquoi pas les contrats aidés ?

DNA édition de Saverne, le 17 octobre 2010

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